A quoi sert de courir?

A priori, la conférence du philosophe Charles Pépin ce lundi soir n’était pas sur le burn-out. Mais a priori seulement.

par
JM Phelippeau
|
6
February
2025
Divers

A priori, la conférence du philosophe Charles Pépin ce lundi soir n’était pas sur le burn-out. Mais a priori seulement.

Le thème en était : “A quoi sert de courir?”

Je vous en fait ici un rapide résumé : courir n’est ni bon ni mauvais en soi.

Pour que ce soit une bonne chose, il faut savoir pourquoi on court, que cela corresponde à une décision consciente de notre part, consentie dans un cadre donné (et limité).

Que cela ait du sens pour nous, que ce soit en lien avec notre désir. Que l’objet de la course soit librement choisi. Bref.

Dans ces conditions, on peut courir tout en étant présent à soi-même, disponible, et en restant calme “à l’intérieur”.

Mais la course est trop valorisée dans notre société. Être débordé (“c’est la course”) est pris comme un gage de sérieux, alors que c’est pourtant invalidé par toutes les recherches sur l’efficacité!

Courir est donc souvent un formatage social. On court parce qu’on pense la vie comme une compétition. Parfois on prend celle-ci comme un jeu. Mais d'autres fois, c’est une compétition sans consentement.

Le burn-out, dit-il, c’est prendre l’injonction de compétition trop au sérieux. Sans la questionner, ce qui mène au sacrifice et à la servilité. Conscience et consentement, toujours.

Il conclut en disant qu’il existe bien sûr de bonnes raisons de courir: (se) sauver, l’urgence d’agir avant qu’il soit trop tard, pour quelque chose qui a du sens pour nous.

Pour avoir le temps de faire l’essentiel avant de mourir.

Pour se sentir pleinement vivant.

Et qu’une “bonne” vie a sans doute besoin de vitesse comme de lenteur.

NB : les conférences de Charles Pépin, c’est tous les lundis de 18h30 à 20h00 au cinéma MK2 Odéon à Paris, avec un thème différent à chaque fois. C’est un peu tôt certes, mais ça vaut le coup!